De ce côté du miroir, les confessions d’un chasseur

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dimanche 7 octobre 2007

Roi de l’esbrouffe

L’esprit aiguisé de mes lecteurs n’aura pas manqué de constater une absence inhabituellement longue de ma part. Et, cette fois-ci, ce n’est pas une leçon de chasse.

Je me suis fait avoir. Voilà, c’est dit.

Je vous ai déjà parlé des wanabees, ces personnes qui voudraient bien devenir vampires, parce que les vampires, c’est cool. Je les avais alors dépeints, et avec justesse, comme d’inoffensifs bien qu’attardés casse-pieds. Je maintiens mon mépris jugement, mais me dois de préciser : généralement. En effet, à force de travail et d’auto-conviction, certains sont passés maîtres dans l’art de l’esbrouffe.

Comme je vous l’ai déjà dit, chasser est mon métier. Entre deux billets sur ce blog, je surveille l’écosystème vampirique, l’arrivée de petits nouveaux et surtout, les interactions des vampires avec la société humaine, interactions qui génèrent une part considérable des contrats que j’honore. C’est donc tout naturellement que je suivais depuis déjà quelques mois les tribulations d’un certain « vampire » — à l’époque, bien sûr, les guillemets ne me semblaient pas de mise.

Comme vous devez vous en douter, les fausses alertes sont légion et cela fait longtemps que j’ai mis au point un protocole pour séparer le bon grain de l’ivraie (non, je ne vous donnerai pas mes petits secrets). Cependant, malgré toutes mes précautions somme toute trop habituelles, cet énergumène a réussi à se jouer de moi. J’étais d’autant plus alléché que son histoire n’était pas banale : pas de querelle de voisinage (si, si, ça arrive — bien sûr, ça vole plus haut que le chat du voisin sur mon toit), pas de famille apeurée, pas de satanistes en goguette… Pour d’évidentes raisons de sûreté, je ne vous dévoilerai pas la teneur de l’affaire ; sachez juste que c’était très intéressant.

Ainsi donc, c’est la bouche en cœur que je prenais contact avec mon client. Comme bien souvent, j’étais un second contrat, le premier exécutant (terme poli pour… ce que vous voulez) n’ayant pas été à la hauteur de la tâche (ayant été promu au rang d’engrais pour pissenlits). Et, comme souvent encore, le client était bien loin de se douter de ce qui se tramait vraiment ; j’en sais généralement plus que mes clients au moment où j’accepte leur contrat.

Il est difficile d’aller plus avant sans dévoiler au moins les grandes lignes de l’affaire, ce à quoi je me refuse. Je dirai donc simplement que, alors que je pensais avoir un bon dossier sous les yeux, j’ai vu les pièces ne plus s’agencer ou même voler en éclat au fur et à mesure que je me confrontais aux événements. Cela commença avec des UV qui brûlent (ce qui est très maladroit, quand on sait que les UV ne brûlent pas les vampires, ce que n’importe quel imposteur un tant soit peu sérieux devrait savoir) jusqu’à des événements historiques ne résistant pas à une analyse poussée, en passant par la présence d’indices médico-légaux (là encore, un vampire n’en laisse pas).

Lorsque j’eus compris que l’on se payait ma tête, et après m’être assuré que ce n’était pas un piège ou une manière de faire sortir un vrai vampire de l’ombre mais, simplement, banalement, un triste sire quelque peu dérangé (mais très intelligent), alors il fut temps de renvoyer l’ascenseur.

Les anglophones ont cette expression savoureuse pour nous autres francophones : punishment with extreme prejudice. Ça correspond assez bien à ce que le wanabee a expérimenté. Révélations, dépossessions, annihilations. Il était l’illusion de beaucoup, il est devenu vraiment plus grand chose.

Pour un peu, je regretterais presque qu’il ne soit plus en état de se souvenir de ce que lui ai fait subir.

dimanche 19 août 2007

La découverte du blog… et de son objectif

J’ai découvert le blog de Fabien de Montargy quelques jours après sa publication, comme l’envisageait notre auteur. L’ironie veut que j’en sois l’un des premiers lecteurs, mais ça fait partie du boulot ; après la première dizaine, on s’y fait.

Donc, bien avant que le blog soit relayé par Morsure.net, par Un jour, un site et plein d’autres encore, j’épluchais déjà soigneusement le fond et la forme (analyse psycholinguistique, idiolecte…) afin de cerner le personnage (dans tous les sens du terme).

L’accroche elle-même a tout ce qu’il faut de dramatique, pour attirer âmes en peine et autres gothiques esseulés. Nuit après nuit, venez écouter son histoire, ses réflexions et ses coups de cœur (un peu comme les coups de cœur du télé-achat). Bref, un plan marketing bien rôdé. Croquez à pleines dents, bonnes gens !

Une rapide recherche sur Google[1] a tôt fait de nous renseigner sur les véritables motivations de l’auteur : le fric.

En effet, le blog de Fabien de Montargy apparaît en toute première position sur Google sur la requête vampire :

Première position sur Google : Blog correspondants…

Plutôt réussi, comme plan, non ? Et comme tout bon commercial, il a pris en compte la publicité négative (en l’occurence, que des gens comme moi créeraient un site de debunking) pour participer au buzz. J’applaudirais des deux mains si le sujet ne me concernait pas directement.

Maintenant, comme il n’y a pas de pub sur le site, j’imagine qu’il s’agit d’un plan pour préparer la sortie d’un livre. Si vous voyez un roman sur Fabien de Montargy dans le commerce, ne soyez pas surpris.


  1. Malgré ses limitations, Google reste très utile pour un professionnel de la veille par ce qu’il est la mesure de toute recherche pour le grand public.

vendredi 10 août 2007

Introduction

Bienvenue.

J’ai créé ce site en réaction à un blog de soi-disant vampire. Excédé par ce ramassis de confessions et d’imparfaits du sujonctif, j’ai décidé de démonter tout cela. Oui, les vampires existent ; non, ce ne sont pas des héros romantiques au cœur pur.

Le site en question cherche à titiller la fibre baba cool (on est tous frères) du lecteur, à l’apprivoiser (comme du bétail) pour mieux faire accepter l’idée que « le vampire, c’est mon copain ».

On va remettre les pendules à l’heure.