Monsieur
le vampire,
- Vous remettez en cause ma taxinomie, mais la vôtre est tout aussi biaisée.
Les faux vampires n’importent guère pour vous alors qu’ils sont une nuisance
pour nous ; vous différenciez entre les héros extrêmistes religieux et les
héros ayant d’autres raisons (vengeance…) alors que je les classe
tous dans les « monomaniaques ». Que nos préoccupations diffèrent et
que vous soyez plus philanthrope que moi[1] ne
vous permet pas pour autant de hiérarchiser entre les « bonnes »
taxinomies (la vôtre) et les « mauvaises » (les autres).
- Quand je conseillais de
ne pas se reposer sur ces certitudes, je ne m’adressais pas qu’à mes
lecteurs « classiques », mais à tous mes lecteurs
— vous compris. C’est aller bien vite en besogne que d’affirmer que je
déclare les chasseurs à gages comme nombreux. J’ai dit qu’ils existent ; le
reste n’est qu’élucubrations de votre part.
J’arrête là l’hypercritique et signalerai juste qu’il m’est inhabituel de
tuer un vampire endormi. Vous savez très bien pourquoi (la porte est blindée,
mais pas le mur), mais je préciserai pour mes (nos ?) lecteurs :
Pourquoi chasser le vampire la nuit
Un vampire sait qu’il est le plus vulnérable le jour. En état de complète
léthargie, il est incapable du moindre mouvement et totalement sans défense
— et tout le monde le sait. Par voie de conséquence, les vampires d’une
certaine puissance[2] se protègent extrêmement
bien dans ces moments-là. Il est donc dérisoire d’espérer vaincre un
« vétéran vampire » de cette manière — bien que ceci ce soit
déjà vu.
Ainsi donc, c’est au moment où ils sont réveillés que nous avons le plus de
chances d’atteindre un vampire puissant. Oui, je chasse le vampire… la nuit.
Comme vous le voyez, chers lecteurs, nous sommes loin de l’individu
inconscient ou, au mieux, chancelant
…
Je vous laisse, monsieur le vampire, à vos pensées et craintes à voix haute.
Pour finir sur une note plus positive, les vampires que j’occis ne représentent
qu’une faible partie de mes contrats. Et je n’ai guère l’intention d’augmenter
ce ratio, pour des raisons philosophiques et écologiques sur lesquelles je
reviendrai.
- Ce dont l’ironie, si la moitié de ce que vous dites est vrai,
doit depuis longtemps ne plus vous surprendre.
- Le bon vieux pieu-dans-le-cœur-en-plein-jour marchant très bien
avec les autres.