Rentrons dans le vif du sujet (sans jeu de mots) : les vampires. Voyons où va son érudition.

  • premier bon point : ce n’est pas une énième copie de Anne Rice. Ouf !
  • deuxième bon point : le romancier s’est un minimum renseigné sur le Moyen Âge, ça fait plaisir. De même a-t-il étudié l’évolution de la perception du vampire, de Dom Calmet à Rhein•Hagen, mais ça, c’est quand même un peu le minimum (duquel bien des auteurs ne s’acquittent cependant pas).

Malheureusement, malgré ces débuts prometteurs, la suite déçoit un peu :

  • notre beau ténébreux a une compagne apparemment humaine — il faut bien que le lectorat s’identifie. Allons, ne soyons pas méchants, voyons comment cela évoluera ;
  • c’est un « Byronien » somme toute assez classique : posé, cultivé (avec un mentor qui le fut tout autant) ;
  • ce pré-roman a quelques relents d’Harlequin pour gothiques. Le romantique noir style XIXe siècle, tout ça… Éléonor de la Fontaine aux Lys, ma conscience dût-elle en souffrir pour la fin des temps… tout un programme !

Mais qu’importe ; le romancier a su faire preuve d’originalité et d’inventivité. À l’instar de l’excellent roman de Suzy McKee Charnas, The Vampire Tapestry, mais avec moins d’ardeur – au moins pour le moment –, il a su créer un vampire qui nous réserve quelques surprises. Jugez plutôt :

Serez-vous surprise d’apprendre que les jeunes vampires zozotent de manière assez ridicule avant de retrouver avec l’entraînement une élocution normale?

Idée intéressante. Je dois reconnaître que je n’ai jamais eu l’occasion de vérifier, mais après tout, ça a du sens — et je comprendrais aisément que, tout occupés qu’ils sont à dire le plus grand bien d’eux-mêmes, les rares vampires avec qui j’ai pu parler aient préféré omettre ce genre de choses, pas très glorieuses…

En même temps, nul besoin de rencontrer un vampire, ou même de savoir quoi que ce soit sur eux pour faire ce genre de remarque. C’est donc un point intéressant, mais non constructif.

À bientôt pour la prochaine gorgée.