Monsieur,

Soucieux de ne point lasser mes lecteurs qui attendent mieux de nos carnets respectifs que des pugilats informatiques, je m’étais bien gardé de faire quelque mention que ce soit de nos altercations électroniques en sous-main. Cependant, comme vous semblez vous complaire dans l’étalage de vos compétences, il me parait judicieux autant que nécessaire de rétablir quelques vérités :

  1. Primo, vous êtes l’instigateur de ces petits amusements. Tromper l’ennui ou faire peur, j’ignore quelle était votre motivation profonde ; je constate néanmoins – sans, bien sûr, porter de jugement aucun – que votre billet ressemble singulièrement à celui d’un enfant gaté qui, s’apercevant que son hochet ne marche plus, braille pour qu’on le lui change. Une belle preuve de maturité, en somme.
  2. Secundo, quand bien même votre partialité dans la relation des faits reste compréhensible, il serait dommageable (à mon parcours professionnel) autant que malhonnête (envers nos lecteurs) de vous laisser énumérer vos rares stratagèmes sans réagir. Chers lecteurs, sachez donc qu’il n’y a pas à chercher bien loin la raison de la rareté de ses billets ; quelques « ennuis administratifs » mâtinés, j’ose l’espérer, de moments de doute sur ma compétence réelle (et la sienne), suffisent à justifier une publication plus espacée. Notre vampire, pour adopter un registre plus familier, a les foies.
  3. Tertio, je me permets, à la manière du Parthe, de vous assurer, cher ami, de ma sollicitude pour votre récente rétrogradation. Voyez-vous, cher monsieur, en jouant avec les allumettes, on éclaire la pièce — qu’on le veuille ou pas. Vous voici maintenant dans l’obligation d’expliquer à vos lecteurs de quelle rétrogradation il s’agit…

Respectueusement,

Le chasseur