L’incrédule

Les incrédules sont généralement peu (voire très peu) intéressés par le domaine. Je veux parler de madame Michu et consort, qui s’affole que sa fille regarde des films violents ou des machins de dégénérés qu’on devrait interdire. Il s’agit de l’incrédule ignorant, les masses.

Un cas légèrement plus digne d’attention est l’incrédule intéressé. Il s’agit souvent d’un amateur de fantastique (ou de gore ou bien encore de SF, mais c’est plus rare). De Polidori à Buffy en passant par (l’excellente) Suzy McKee Charnas, la fiction du vampire n’a guère de secret pour lui. Si sa motivation est assez grande, il pourra devenir…

…un incrédule éclairé. Nettement plus intéressant, l’incrédule éclairé, tout en reconnaissant la qualité de certaines fictions, s’est renseigné sur les réalités derrière elles. Qu’il y soit venu par Vlad Tepes ou La Reine des Damnées, l’intéressé a parcouru Dom Calmet et peut-être même fait un détour par la Bête du Gévaudan. Il s’est renseigné sur les conséquences politiques de la croyance au vampire, voire s’est aventuré dans la thaumaturgie et la nécromancie.

Cependant, quel que soit le volume de sa connaissance (parfois respectable), il reste fondamentalement convaincu qu’il s’agit de légendes habilement montées en épingle. Cet incrédule aura moult théories anthropologiques et médicales expliquant de manière en apparence très convaincante comment le mythe du vampire s’est installé. La bonne foi de la personne n’a que rarement besoin d’être mise en cause. Ces incrédules forment parmi les meilleurs vampirologues, une fois confrontés à la réalité : en effet, ils ont à la fois le bagage de connaissance et l’honnêteté intellectuelle nécessaires pour exceller dans leur domaine. Ils ont aussi tendance à conserver une distance par rapport tant aux vampires qu’aux chasseurs. Live and let live (ou plutôt study and let live). Mais ceci nous amène à la seconde catégorie, les sceptiques.