De ce côté du miroir, les confessions d’un chasseur

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 26 avril 2009

Réponse aux questions : pourquoi ce métier et ce site

Et bien, il semble que mon métier intrigue

Rien ne vous prouve que je ne suis pas un simulateur, et c’est très bien ainsi. Moins quelqu’un en sait sur vous, moins il représente un danger.

Je ne risque rien cependant à vous expliquer comment je me rémunère (déjà parce que je le signale en filigrane dans d’autres billets) : je suis payé au contrat.

  1. Un client rentre en contact avec moi ;
  2. Il me désigne la cible et effectue un virement partiel sur un de mes comptes ;
  3. J’honore le contrat ;
  4. Le client effectue un second virement du restant dû.

Mes clients sont d’origine et de motivation diverses. Ce pourrait être votre voisin, un président d’association ou un haut fonctionnaire ; ils peuvent être poussé par la vengeance, la manigance ou le lucre. Ils n’ont qu’un seul point en commun : ils ont de quoi se payer mes services.

Je suis devenu chasseur de vampires comme n’importe quel entrepreneur : une idée qui plait et un business plan qui tient la route. Au vu de mon niveau de vie et du plaisir que j’y prends, j’ai fait le bon choix.

Si je m’exprime sur Internet, c’est avant tout parce que ce Montargy dissémine des informations erronées et dangereuses sur la réalité des choses. Il est possible que certaines informations qu’il donne soit inspirées de la réalité, ou même davantage ; j’ai ma petite idée là-dessus. Comme je l’ai signalé auparavant, il me semble nécessaire de démonter les inepties, par désir d’enseignement, mais surtout pour me rendre la tâche plus facile : un public averti sera moins à même de m’orienter vers des faux positifs.

Et puis, ça m’amuse. Je joue au chat et à la souris avec lui, et vous n’avez pas idée de ce qui se trame au-delà de ce blog. Je suis un chasseur, ne l’oubliez pas.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez m’écrire à le.chasseur@vrais.vampires.com. Sachez cependant qu’il a de fortes chances que je ne vous réponde pas. Si vous voulez une réponse, vous avez tout intérêt à ce que vous disiez m’intéresse — et ce n’est pas gagné.

mardi 1 avril 2008

Chasseur d’avril

Surprise, surprise…

La surprise est un élément prépondérant dans la Chasse. Plus un vampire est expérimenté, plus la surprise importe. Un « jeune » vampire peut être floué, effrayé ou manipulé ; un « vieux » vampire, au contraire, est quasiment inattaquable — voire, osons le dire, invincible – une fois qu’il est informé de la présence d’un chasseur.

Un jeune vampire est également peu au fait de ses capacités. Il ne prêtera qu’une attention imparfaite à ce que ses sens décèleront ; un chasseur entraîné comme moi pourra le prendre au piège, là où l’odorat surdéveloppé d’un vampire plus commun ne laissera pas l’ombre d’une chance… même au meilleur.

Nous voyons donc que la surprise est doublement importante pour chasser le vampire. D’abord parce que tout le reste devient progressivement inefficace, ensuite parce qu’il est de plus en plus difficile de surprendre un vampire avec quelques rides (enfin, rides… façon de parler)

Il y a plusieurs manières de surprendre un vampire (dans le but de l’exterminer ; si vous cherchez juste une idée-cadeau pour votre Commandeur préféré, allez voir sur eBay si j’y suis). Déjà, il est recommandé de se mettre hors de portée de ses sens, tout en restant capable de l’atteindre — sans qu’il ait pour autant la possibilité de trottiner jusqu’à vous pour vous apprendre les bonnes manières. Bref, il s’agit d’avoir du matériel adéquat.

En ce qui me concerne, PGM Ultima Ratio Hécate II (version polymère, Picatinny de 500 pour l’amplificateur de lumière, canon de 900 et silencieux) + Raufoss Mk 211. Perforé, déchiqueté et cuit en même temps, le tout depuis une distance plus que suffisante. Et comme je dis toujours, au diable Saint-Pétersbourg.

dimanche 2 décembre 2007

La réponse du chasseur au vampire

Pour quelqu’un qui me dédaigne, je vous trouve bien volubile. Quelque chose à (se) prouver ?

Pour le reste, ce n’est pas en faisant assaut de prétéritions et hyperchleuasmes que vous grandirez dans mon estime ; méprisons-nous donc les uns les autres — du moins publiquement.

samedi 24 novembre 2007

Les enfants s’amusent

Monsieur,

Soucieux de ne point lasser mes lecteurs qui attendent mieux de nos carnets respectifs que des pugilats informatiques, je m’étais bien gardé de faire quelque mention que ce soit de nos altercations électroniques en sous-main. Cependant, comme vous semblez vous complaire dans l’étalage de vos compétences, il me parait judicieux autant que nécessaire de rétablir quelques vérités :

  1. Primo, vous êtes l’instigateur de ces petits amusements. Tromper l’ennui ou faire peur, j’ignore quelle était votre motivation profonde ; je constate néanmoins – sans, bien sûr, porter de jugement aucun – que votre billet ressemble singulièrement à celui d’un enfant gaté qui, s’apercevant que son hochet ne marche plus, braille pour qu’on le lui change. Une belle preuve de maturité, en somme.
  2. Secundo, quand bien même votre partialité dans la relation des faits reste compréhensible, il serait dommageable (à mon parcours professionnel) autant que malhonnête (envers nos lecteurs) de vous laisser énumérer vos rares stratagèmes sans réagir. Chers lecteurs, sachez donc qu’il n’y a pas à chercher bien loin la raison de la rareté de ses billets ; quelques « ennuis administratifs » mâtinés, j’ose l’espérer, de moments de doute sur ma compétence réelle (et la sienne), suffisent à justifier une publication plus espacée. Notre vampire, pour adopter un registre plus familier, a les foies.
  3. Tertio, je me permets, à la manière du Parthe, de vous assurer, cher ami, de ma sollicitude pour votre récente rétrogradation. Voyez-vous, cher monsieur, en jouant avec les allumettes, on éclaire la pièce — qu’on le veuille ou pas. Vous voici maintenant dans l’obligation d’expliquer à vos lecteurs de quelle rétrogradation il s’agit…

Respectueusement,

Le chasseur

mardi 20 novembre 2007

Précisions plus sensées sur les chasseurs de vampires

Monsieur le vampire,

  • Vous remettez en cause ma taxinomie, mais la vôtre est tout aussi biaisée. Les faux vampires n’importent guère pour vous alors qu’ils sont une nuisance pour nous ; vous différenciez entre les héros extrêmistes religieux et les héros ayant d’autres raisons (vengeance…) alors que je les classe tous dans les « monomaniaques ». Que nos préoccupations diffèrent et que vous soyez plus philanthrope que moi[1] ne vous permet pas pour autant de hiérarchiser entre les « bonnes » taxinomies (la vôtre) et les « mauvaises » (les autres).
  • Quand je conseillais de ne pas se reposer sur ces certitudes, je ne m’adressais pas qu’à mes lecteurs « classiques », mais à tous mes lecteurs — vous compris. C’est aller bien vite en besogne que d’affirmer que je déclare les chasseurs à gages comme nombreux. J’ai dit qu’ils existent ; le reste n’est qu’élucubrations de votre part.

J’arrête là l’hypercritique et signalerai juste qu’il m’est inhabituel de tuer un vampire endormi. Vous savez très bien pourquoi (la porte est blindée, mais pas le mur), mais je préciserai pour mes (nos ?) lecteurs :

Pourquoi chasser le vampire la nuit

Un vampire sait qu’il est le plus vulnérable le jour. En état de complète léthargie, il est incapable du moindre mouvement et totalement sans défense — et tout le monde le sait. Par voie de conséquence, les vampires d’une certaine puissance[2] se protègent extrêmement bien dans ces moments-là. Il est donc dérisoire d’espérer vaincre un « vétéran vampire » de cette manière — bien que ceci ce soit déjà vu.

Ainsi donc, c’est au moment où ils sont réveillés que nous avons le plus de chances d’atteindre un vampire puissant. Oui, je chasse le vampire… la nuit. Comme vous le voyez, chers lecteurs, nous sommes loin de l’individu inconscient ou, au mieux, chancelant

Je vous laisse, monsieur le vampire, à vos pensées et craintes à voix haute. Pour finir sur une note plus positive, les vampires que j’occis ne représentent qu’une faible partie de mes contrats. Et je n’ai guère l’intention d’augmenter ce ratio, pour des raisons philosophiques et écologiques sur lesquelles je reviendrai.


  1. Ce dont l’ironie, si la moitié de ce que vous dites est vrai, doit depuis longtemps ne plus vous surprendre.
  2. Le bon vieux pieu-dans-le-cœur-en-plein-jour marchant très bien avec les autres.

dimanche 7 octobre 2007

Roi de l’esbrouffe

L’esprit aiguisé de mes lecteurs n’aura pas manqué de constater une absence inhabituellement longue de ma part. Et, cette fois-ci, ce n’est pas une leçon de chasse.

Je me suis fait avoir. Voilà, c’est dit.

Je vous ai déjà parlé des wanabees, ces personnes qui voudraient bien devenir vampires, parce que les vampires, c’est cool. Je les avais alors dépeints, et avec justesse, comme d’inoffensifs bien qu’attardés casse-pieds. Je maintiens mon mépris jugement, mais me dois de préciser : généralement. En effet, à force de travail et d’auto-conviction, certains sont passés maîtres dans l’art de l’esbrouffe.

Comme je vous l’ai déjà dit, chasser est mon métier. Entre deux billets sur ce blog, je surveille l’écosystème vampirique, l’arrivée de petits nouveaux et surtout, les interactions des vampires avec la société humaine, interactions qui génèrent une part considérable des contrats que j’honore. C’est donc tout naturellement que je suivais depuis déjà quelques mois les tribulations d’un certain « vampire » — à l’époque, bien sûr, les guillemets ne me semblaient pas de mise.

Comme vous devez vous en douter, les fausses alertes sont légion et cela fait longtemps que j’ai mis au point un protocole pour séparer le bon grain de l’ivraie (non, je ne vous donnerai pas mes petits secrets). Cependant, malgré toutes mes précautions somme toute trop habituelles, cet énergumène a réussi à se jouer de moi. J’étais d’autant plus alléché que son histoire n’était pas banale : pas de querelle de voisinage (si, si, ça arrive — bien sûr, ça vole plus haut que le chat du voisin sur mon toit), pas de famille apeurée, pas de satanistes en goguette… Pour d’évidentes raisons de sûreté, je ne vous dévoilerai pas la teneur de l’affaire ; sachez juste que c’était très intéressant.

Ainsi donc, c’est la bouche en cœur que je prenais contact avec mon client. Comme bien souvent, j’étais un second contrat, le premier exécutant (terme poli pour… ce que vous voulez) n’ayant pas été à la hauteur de la tâche (ayant été promu au rang d’engrais pour pissenlits). Et, comme souvent encore, le client était bien loin de se douter de ce qui se tramait vraiment ; j’en sais généralement plus que mes clients au moment où j’accepte leur contrat.

Il est difficile d’aller plus avant sans dévoiler au moins les grandes lignes de l’affaire, ce à quoi je me refuse. Je dirai donc simplement que, alors que je pensais avoir un bon dossier sous les yeux, j’ai vu les pièces ne plus s’agencer ou même voler en éclat au fur et à mesure que je me confrontais aux événements. Cela commença avec des UV qui brûlent (ce qui est très maladroit, quand on sait que les UV ne brûlent pas les vampires, ce que n’importe quel imposteur un tant soit peu sérieux devrait savoir) jusqu’à des événements historiques ne résistant pas à une analyse poussée, en passant par la présence d’indices médico-légaux (là encore, un vampire n’en laisse pas).

Lorsque j’eus compris que l’on se payait ma tête, et après m’être assuré que ce n’était pas un piège ou une manière de faire sortir un vrai vampire de l’ombre mais, simplement, banalement, un triste sire quelque peu dérangé (mais très intelligent), alors il fut temps de renvoyer l’ascenseur.

Les anglophones ont cette expression savoureuse pour nous autres francophones : punishment with extreme prejudice. Ça correspond assez bien à ce que le wanabee a expérimenté. Révélations, dépossessions, annihilations. Il était l’illusion de beaucoup, il est devenu vraiment plus grand chose.

Pour un peu, je regretterais presque qu’il ne soit plus en état de se souvenir de ce que lui ai fait subir.

lundi 24 septembre 2007

Croire ou savoir (3/3)

Le sceptique

Contrairement à ce que certains « scientifiques » en mal de reconnaissance ou à l’esprit étroit voudraient vous faire croire, la réalité est bien plus complexe et variée que quiconque peut l’appréhender. Certains vont jusqu’à penser qu’elle se construit au fur et à mesure qu’on l’imagine, que l’homme (ou, plus largement, la sentience) n’est pas sujet, mais acteur de la réalité.

Sans aller jusque-là, considérons simplement la malhonnêteté qu’il y d’un côté à se proclamer curieux et ouvert d’esprit et prêt à accepter tout ce qui satisfait à une méthode (la méthode scientifique) et en même temps refuser certaines conclusions, car « off-limit »1.

Refermons cette parenthèse pour mieux nous concentrer sur ce qui nous intéresse.

À la manière de l’incrédule intéressé, le sceptique2 cherche à aller au fond des choses et ne se contente pas d’une érudition de surface. En vérité, les deux profils emploient les mêmes moyens et ne diffèrent guère que par leur objectif : le sceptique cherche une transcription dans la réalité, alors que l’incrédule intéressé se contente d’une fiction, du moment qu’elle est joliment tramée. On pourra ainsi dire que l’incrédule éclairé veut croire, alors que le sceptique veut savoir. Si j’applique ma taxonomie au roman De l’autre côté du miroir, le personnage de Fabien de Montargy, avant d’être transformé en vampire, était un tel sceptique (ou questeur de vérité, si vous voulez impressionner la galerie).

Or donc, contrairement à l’incrédule, le sceptique cherche à savoir. Certes, les incrédules intéressés et éclairés sont eux aussi dans une démarche de recherche, mais d’une bien moindre ampleur. Il y une différence entre chercher un collector ou un incunable et chercher la vérité. Dans ce dernier cas, l’engagement est bien plus fort et, si l’on trouve, le risque d’autant plus grand. Et pas uniquement de manière physique.

Car se confronter à la réalité demande un courage et une assurance d’esprit que peu d’individus possèdent. Sans être un changement de paradigme (après tout, hormis leur vitesse fulgurante, les vampires n’ont aucune capacité qui soit inconnue dans le monde du vivant), l’aboutissement de la « quête du vampire » a de quoi ébranler les plus forts. Imaginez que vous trouviez enfin ce que vous avez cherché toute votre vie ; comment vous sentiriez-vous ? Non, pas uniquement heureux ; en fait, pas forcément.

Les plus faibles refuseront la réalité, devenant des refoulés incrédules ou, plus rarement, des refoulés sceptiques (qui continuent à chercher, mais refusent plus ou moins inconsciemment toute preuve indubitable, se réfugiant dans l’état de grâce que fut leur recherche avant qu’ils ne trouvent — méfie-toi de tes questions, tu pourrais trouver une réponse). Quant à ceux qui auront franchi le seuil (ou le miroir, pour reprendre la métaphore de notre cher vampire), ils verront que leur voyage ne fait que commencer…


  1. Un vrai scientifique considérera juste certaines solutions comme non-physiquesmasses négatives.
  2. Sceptique véritable, par opposition à ceux que les anglophones nomment skeptics et qui sont en fait convaincus.

vendredi 21 septembre 2007

Croire ou savoir (2/3)

L’incrédule

Les incrédules sont généralement peu (voire très peu) intéressés par le domaine. Je veux parler de madame Michu et consort, qui s’affole que sa fille regarde des films violents ou des machins de dégénérés qu’on devrait interdire. Il s’agit de l’incrédule ignorant, les masses.

Un cas légèrement plus digne d’attention est l’incrédule intéressé. Il s’agit souvent d’un amateur de fantastique (ou de gore ou bien encore de SF, mais c’est plus rare). De Polidori à Buffy en passant par (l’excellente) Suzy McKee Charnas, la fiction du vampire n’a guère de secret pour lui. Si sa motivation est assez grande, il pourra devenir…

…un incrédule éclairé. Nettement plus intéressant, l’incrédule éclairé, tout en reconnaissant la qualité de certaines fictions, s’est renseigné sur les réalités derrière elles. Qu’il y soit venu par Vlad Tepes ou La Reine des Damnées, l’intéressé a parcouru Dom Calmet et peut-être même fait un détour par la Bête du Gévaudan. Il s’est renseigné sur les conséquences politiques de la croyance au vampire, voire s’est aventuré dans la thaumaturgie et la nécromancie.

Cependant, quel que soit le volume de sa connaissance (parfois respectable), il reste fondamentalement convaincu qu’il s’agit de légendes habilement montées en épingle. Cet incrédule aura moult théories anthropologiques et médicales expliquant de manière en apparence très convaincante comment le mythe du vampire s’est installé. La bonne foi de la personne n’a que rarement besoin d’être mise en cause. Ces incrédules forment parmi les meilleurs vampirologues, une fois confrontés à la réalité : en effet, ils ont à la fois le bagage de connaissance et l’honnêteté intellectuelle nécessaires pour exceller dans leur domaine. Ils ont aussi tendance à conserver une distance par rapport tant aux vampires qu’aux chasseurs. Live and let live (ou plutôt study and let live). Mais ceci nous amène à la seconde catégorie, les sceptiques.

mardi 18 septembre 2007

Croire ou savoir (1/3)

Dans l’article précédent, je me suis attaché à décrire les différentes motivations pour chasser le vampire. Cependant, la croyance aux vampires n’est évidemment pas chose commune.

Une écrasante majorité d’humains (à commencer sûrement par vous, ainsi que – presque – tous les chasseurs avant qu’ils n’« embrassent » leur carrière) ne croit pas aux vampires. Là encore, les raisons du scepticisme ou du refus sont multiples.

Pour la très grande majorité des êtres humains, les vampires sont une fiction de film d’horreur ; explication qui les satisfait complètement. Quant à « ceux qui savent », ils sont dans leur ensemble tout à fait contents de laisser les autres le croire. Déjà qu’on a fort à faire à s’entre-tuer, on ne va pas en plus s’occuper de la communication…

Blague à part, ceux qui ne croient pas mordicus aux vampires se partagent en deux catégories (comme dirait Tuco) :

  • ceux qui considèrent le vampire comme une simple fiction. C’est l’interprétation la plus simple et la plus répandue. Pour les besoins de notre taxonomie, appelons-les les incrédules.
  • ceux qui doutent que ce soit simplement une fiction. Les raisons sont multiples et seront examinées dans de futurs articles. Nous les nommerons les sceptiques.

samedi 15 septembre 2007

La chasse au vampire : une tradition ancestrale


Partout où il y a des proies, il y a des prédateurs (Lapalisse n’aurait pas mieux dit). On chasse le vampire depuis des millénaires. Les motifs varient :

Le sport — le chasseur

Voici un combat noble, où les deux adversaires ont leurs chances. Pas comme ces corridas ou tirs au fusil (d’autres « traditions ») où l’animal est largement en infériorité, où l’on fait du chiffre et où toute mystique à disparu. Est-ce que ce monde est sérieux ? Je suis un chasseur, pas un boucher.

  • Armes principales : une intelligence hors du commun et un moral en acier trempé.
  • Alliés : idéalement, des vampires ignorant son identité.

L’idéalisme — le héros

Certains sont convaincus que les vampires sont diaboliques/mangent les enfants/votent Sarkozy… et doivent donc être éliminés. Si possible avec une croix et un missel. Inutile que je vous indique mon sentiment à l’égard d’une pensée si binaire et simpliste.

  • Armes principales : La sainte Bible et un crucifix.
  • Alliés : Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

L’argent — le mercenaire

Rarement un motif exclusif (bien des emplois paient mieux). Joindre l’utile à l’agréable est plus fréquent.

  • Armes principales : compte en Suisse et fausse identité.
  • Alliés : banquier peu regardant.

Le pouvoir - le wanabee

Siteuplait, transforme-moi en vampire. Comme vous l’aurez deviné, ces « chasseurs »-là ne cherchent pas à occire le vampire. Ce motif est surtout en vogue depuis le XXe siècle (parce que Plogojowitz et Paole suscitent moins de vocations que Lestat ou Dracula). Les gens croient vraiment tout ce qu’ils lisent… Si c’est écrit, c’est que c’est vrai, n'est-ce pas.

  • Armes principales : scalpel de phlébotomie et faux crocs.
  • Alliés : d’autres wanabees

L’apparat - le moucheron

Apanage des moucherons (jargon pour… enfin, vous voyez ce que je veux dire), ces pestes prolifèrent depuis le dernier quart de siècle (Buffy, Blade…). Ces idiots-là cherchent juste à épater la galerie (ceux qui ont vu la fameuse scène avec Marshall McLuhan dans Annie Hall compatiront. Jouissif). Est-ce mieux que la clope pour choper des filles ?

  • Armes principales : boutons d’acné et orthographe déficiente
  • Alliés : aucun !

Il y a d’autres motifs, mais voici les principaux. Je détaillerai dans de prochains billets.

mercredi 12 septembre 2007

Anatomie du vrai vampire (1)

Vous en reprendrez bien un verre ?

Or donc, la suite de mon analyse du roman.

J’ai relevé quelques fausses notes supplémentaires. Ainsi, l’artifice de la taille qui augmente avec celle de la moyenne de la population (une autre innovation du romancier) est très malvenu. C’est maladroit et mieux vaut soit l’ignorer complètement, soit l’embrasser (sans jeux de mots) tout aussi totalement. Oui, les Terribles Vampires Grands Anciens sont… petits. Quant aux plus grands, les derniers-nés, ils zozottent. Bon, je vous accorde que ça donnerait un effet bizarre, mais le succès, au moins d’estime, serait assuré parmi les lecteurs soucieux de cohérence.

Justement, puisque nous parlons de cohérence, j’aimerais partager avec vous quelques informations sur les sens des vampires, sens aussi aiguisés que leur canines (si ce n’est plus, une canine – même de vampire – n’étant pas très aiguisée).

À ma connaissance, les sens des vampires sont largements plus développés que ceux des humains. J’ignore cependant si c’est le cas de la totalité des sens. J’en suis certain pour la vision, l’ouïe et l’odorat ; j’aurai tendance à le penser pour le toucher, mais j’ignore pour le goût.

Cependant, quelques cogitations m’incitent à penser que l’ensemble des sens du vampire sont plus sensibles. Ce qui aurait plusieurs conséquences :

  • La première, c’est que le goût serait plus sensible, bien sûr
  • La seconde, c’est que les sens « non-traditionnels » sont eux aussi plus sensibles.

Et c’est là que ça devient intéressant :

  • D’abord, les nocicepteurs (récepteurs de la douleur physique) des vampires seraient plus sensibles. Ceci est très utile à savoir pour comprendre la psychologie du vampire et mieux le chasser, le cas échéant. Le vampire souffre davantage de ce qui lui fait mal. Le feu (solaire ou non) lui provoque une douleur d’une intensité inimaginable pour un être humain (sauf peut-être les pauvres hères atteints d’algie vasculaire de la face)
  • Ensuite, le « véritable sixième sens » – le sens de l’équilibre ou équilibrioception – est lui aussi amplifié. Il vaut mieux, quand on court aussi vite… Mais patience, je parlerai de cette phénoménale célérité dans un prochain article.
  • La proprioception (kinesthésie, ou conscience physiologique de son corps) est, elle aussi, fort développée. Encore une fois, ceci est bien utile à la célérité. Sans quoi ils se cogneraient constamment contre les murs. Déjà qu’ils sont petits et qu’ils zozottent…
  • Un sens du danger (peut-être d’origine cénesthésique) là encore très efficace — heureusement pour nous, seuls les plus anciens semblent en bénéficier.

Par ailleurs, contrairement à la très grande majorité des mammifères, le vampire est capable de détecter si une nourriture est bonne pour lui. Il faut savoir qu’un mammifère ne peut guère que se baser sur son expérience passée ou des notions douteuses comme l’odeur pour jauger de la qualité de sa nourriture. Tout au contraire, le vampire est capable de cet examen de manière bien plus fiable. C’est un élément particulièrement étrange, souvent brandi par les tenants de l’origine extra-humaine des vampires (j’aurai l’occasion de revenir sur les théories de l’origine des vampires).

Comme vous pouvez le voir, le vampire est extraordinairement informé de son environnement immédiat ; ceci rend toute embuscade risquée au mieux. Et ce n’est pas leur seul atout, loin s’en faut…

Du bon côté des choses, cette extraordinaire sensibilité est aussi une grande faiblesse… Mais chaque chose en son temps.

dimanche 9 septembre 2007

Interblog - piratage

Cher vous,

Je vous remercie de l’attention que vous me portez.

J’ai le plaisir de vous annoncer que, malgré ce que messieurs tcpdump et whois pourraient vous dire, je ne vis ni en Floride, ni dans le Brabant, encore moins dans le Gâtinais. Cependant, les efforts que vous déployez à vous enquérir de mon lieu de résidence plaisent à mon égo. La flatterie ne vous ménera à rien, mais continuez d’essayer.

Bien à vous,

Le chasseur.

P.S. : merci d’arrêter de maquiller vos logs, ce n’est pas poli.

jeudi 6 septembre 2007

Les vampires dans le roman de Montargy

Rentrons dans le vif du sujet (sans jeu de mots) : les vampires. Voyons où va son érudition.

  • premier bon point : ce n’est pas une énième copie de Anne Rice. Ouf !
  • deuxième bon point : le romancier s’est un minimum renseigné sur le Moyen Âge, ça fait plaisir. De même a-t-il étudié l’évolution de la perception du vampire, de Dom Calmet à Rhein•Hagen, mais ça, c’est quand même un peu le minimum (duquel bien des auteurs ne s’acquittent cependant pas).

Malheureusement, malgré ces débuts prometteurs, la suite déçoit un peu :

  • notre beau ténébreux a une compagne apparemment humaine — il faut bien que le lectorat s’identifie. Allons, ne soyons pas méchants, voyons comment cela évoluera ;
  • c’est un « Byronien » somme toute assez classique : posé, cultivé (avec un mentor qui le fut tout autant) ;
  • ce pré-roman a quelques relents d’Harlequin pour gothiques. Le romantique noir style XIXe siècle, tout ça… Éléonor de la Fontaine aux Lys, ma conscience dût-elle en souffrir pour la fin des temps… tout un programme !

Mais qu’importe ; le romancier a su faire preuve d’originalité et d’inventivité. À l’instar de l’excellent roman de Suzy McKee Charnas, The Vampire Tapestry, mais avec moins d’ardeur – au moins pour le moment –, il a su créer un vampire qui nous réserve quelques surprises. Jugez plutôt :

Serez-vous surprise d’apprendre que les jeunes vampires zozotent de manière assez ridicule avant de retrouver avec l’entraînement une élocution normale?

Idée intéressante. Je dois reconnaître que je n’ai jamais eu l’occasion de vérifier, mais après tout, ça a du sens — et je comprendrais aisément que, tout occupés qu’ils sont à dire le plus grand bien d’eux-mêmes, les rares vampires avec qui j’ai pu parler aient préféré omettre ce genre de choses, pas très glorieuses…

En même temps, nul besoin de rencontrer un vampire, ou même de savoir quoi que ce soit sur eux pour faire ce genre de remarque. C’est donc un point intéressant, mais non constructif.

À bientôt pour la prochaine gorgée.

Le retour du vacancier aux dents longues

Bien, le temps que notre auteur retire son slip de bain, et nous pourrons découvrir la suite du roman.

Une question me taraude, cependant : quel est le rapport entre l’histoire rédigée sur ce blog et le livre final ? Je soupçonne Fabien de Montargy d’être un personnage mineur, un peu comme la babysitter Kari McKeen des Indestructibles dans le court-métrage Jack Jack Attack.

mardi 4 septembre 2007

Premières impressions sur le roman

Après une introduction en guise d’invitation, le romancier s’attaque sans plus d’ambages au cœur de l’histoire, par la biographie de son héros. J’ai toujours préféré la forme courte, aussi ne puis-je qu’apprécier la chose. Espérons que cette concision est inhérente à l’auteur et non un artifice pour son lectorat de blog ; dans ce dernier cas, je pourrais bien ne pas acheter le livre à sa sortie.

Est-ce par méconnaissance de l’histoire de laquelle est censé provenir son héros ou bien – à la manière d’un Dan Brown – par une suite d’approximations plus ou moins volontaires, dans le but de faire douter le lecteur, que notre écrivain a choisi une orthographie alternative pour la ville de Montargis ? Passons pour le moment, passons aussi sur le fait que le seul vicomte de Montargis fut un obscur conseiller général du Second Empire, donc un demi-millénaire après notre suceur de sang.

De toute manière, l’auteur se dédouane par un élégant — même si classique – Mais je préfère sacrifier l'historicité à l'intelligibilité, j'espère que les plus cultivés d'entre vous ne m'en tiendront pas rigueur dès le billet suivant. Suspendons notre incrédulité et continuons dans ce qui, ma foi, reste une agréable lecture.

Notez aussi que l’auteur reste dans le personnage quand il répond aux commentaires de ses lecteurs. Fort plaisant.

mercredi 29 août 2007

Ne vraiment pas se reposer sur ses certitudes

Souviens-toi de Ichijoji Sagarimatsu.

samedi 25 août 2007

Ne pas se reposer sur ses certitudes

Leçon numéro un : être imprévisible. Un ennemi surpris est à demi vaincu.

mercredi 22 août 2007

Interblog - commentaires

Ça y est ! Premier commentaire sur le blog de Montargy à mon propos.

Lorsque vous rentrerez, Fabien, jetez un coup d'œil à cette page :

http://le-chasseur.vrais-vampires.com/

Ce chasseur auto-déclaré semble ne pas croire à votre nature vampirique. Peut-être est-ce un piège destiné à vous amener à découvert ? Intrigant en tout cas.

M. Gyver, je vous souhaite donc la bienvenue de ce côté du miroir. Je tiens d’ores et déjà à signaler que je ne rédigerai aucun commentaire sur le blog de notre « vampire » — ce qui ne m’empêchera pas de réagir sous forme de billet, le cas échéant.

Vous doutez de tout ; vous feriez un bon chasseur. Quant à la véracité de l’auteur, je préfère parler de vérisimilitude ; on est moins déçu.


J’en profite pour mettre quelques choses au point : si vous voulez me contacter, faites-le par l’intermédiaire des commentaires de ce site. Aucune réponse ne sera normalement donnée à un quelconque courrier électronique — si tant est que vous arriviez à m’envoyer un tel courrier.

Ce blog n'est pas une agence commerciale. Si vous avez un contrat à me proposer, je vous laisse le soin de me trouver (ou moi de vous trouver) — après tout, si vous n’arrivez pas à interpeller un chasseur de vampires, c’est que votre demande n’est pas sérieuse.

dimanche 19 août 2007

La découverte du blog… et de son objectif

J’ai découvert le blog de Fabien de Montargy quelques jours après sa publication, comme l’envisageait notre auteur. L’ironie veut que j’en sois l’un des premiers lecteurs, mais ça fait partie du boulot ; après la première dizaine, on s’y fait.

Donc, bien avant que le blog soit relayé par Morsure.net, par Un jour, un site et plein d’autres encore, j’épluchais déjà soigneusement le fond et la forme (analyse psycholinguistique, idiolecte…) afin de cerner le personnage (dans tous les sens du terme).

L’accroche elle-même a tout ce qu’il faut de dramatique, pour attirer âmes en peine et autres gothiques esseulés. Nuit après nuit, venez écouter son histoire, ses réflexions et ses coups de cœur (un peu comme les coups de cœur du télé-achat). Bref, un plan marketing bien rôdé. Croquez à pleines dents, bonnes gens !

Une rapide recherche sur Google[1] a tôt fait de nous renseigner sur les véritables motivations de l’auteur : le fric.

En effet, le blog de Fabien de Montargy apparaît en toute première position sur Google sur la requête vampire :

Première position sur Google : Blog correspondants…

Plutôt réussi, comme plan, non ? Et comme tout bon commercial, il a pris en compte la publicité négative (en l’occurence, que des gens comme moi créeraient un site de debunking) pour participer au buzz. J’applaudirais des deux mains si le sujet ne me concernait pas directement.

Maintenant, comme il n’y a pas de pub sur le site, j’imagine qu’il s’agit d’un plan pour préparer la sortie d’un livre. Si vous voyez un roman sur Fabien de Montargy dans le commerce, ne soyez pas surpris.


  1. Malgré ses limitations, Google reste très utile pour un professionnel de la veille par ce qu’il est la mesure de toute recherche pour le grand public.

jeudi 16 août 2007

Qu’est-ce qu’un vampire

Maintenant que les présentations sont faites, examinons de quoi nous parlons ici. Et, surtout, de quoi nous ne parlons pas.

Le vampire est une créature très ancienne dans l’esprit de l’homme. En faisant appel à l’histoire, la psychologie et la mythologie, nous pourrions en dresser un portrait diachronique — et je le ferai si vous êtes intéressé. C’est utile pour mieux comprendre les inepties liées au vampire et fondamental si vous voulez en découvrir de nouvelles et vous adapter aux nouvelles situations.

Mais commençons simple.

Lire la suite...

- page 1 de 2